Tin Ngoại Ngữ

Économie de François: le premier capital d'une société est spirituel

Dans son discours adressé samedi 24 septembre aux jeunes participants de l’événement de «L'Économie de François» dans la ville ombrienne d'Assise en Italie, le Pape François a mis exergue «l’urgence de reconstituer le capital spirituel», qui est «essentiel», et qui «génère une joie de vivre nécessaire à l'économie».

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

L’événement voulu par le Pape François s’est réalisé à Assise, où étaient réunis près de 1 000 jeunes économistes, entrepreneurs et acteurs du changement venus de 120 pays. Pour le Saint-Père, ces jeunes qui vivent une période de crise environnementale, de pandémie, de guerre en Ukraine et des autres guerres qui durent depuis des années dans différents pays, sont appelés à devenir: «artisans et bâtisseurs de la maison commune», une maison qui «tombe en ruine», déplore-t-il.

«Notre génération vous a légué de nombreuses richesses, mais nous n'avons pas su préserver la planète et nous ne préservons pas la paix», affirme-t-il, soulignant qu’une nouvelle économie, inspirée par François d'Assise, «peut et doit être aujourd'hui une économie respectueuse de la terre et une économie de paix». Il s'agit de transformer une économie qui tue (cf. Exhortation apostolique Evangelii gaudium, 53) en une économie de la vie, dans toutes ses dimensions.

Économie et dimension prophétique

Le Pape François a exprimé sa satisfaction sur le choix de modeler cette rencontre d'Assise, sur la prophétie. La vie de François d'Assise, après sa conversion, dit-il, a été une prophétie, qui se poursuit également à notre époque. Dans la Bible, la prophétie a beaucoup à voir avec les jeunes, fait savoir le Saint-Père, prenant en guise d’exemples: Samuel qui était un garçon lorsqu'il a été appelé, Jérémie et Ézéchiel qui des étaient jeunes; Daniel qui a prophétisé l'innocence de Suzanne et l'a sauvée de la mort; et le prophète Joël qui a annoncé au peuple que Dieu répandrait son Esprit et que "les fils et les filles deviendront des prophètes", des nations. 

Faisant référence aux Saintes Écritures, le Pape estime que les jeunes sont porteurs d'un esprit de connaissance et d'intelligence. «C'est le jeune David qui a humilié l'arrogance du géant Goliath», rappelle François. En effet, «lorsque la communauté civile et les entreprises ne disposent pas des compétences des jeunes, c'est toute la société qui s'étiole, la vie de chacun s'éteint», affirme-t-il. Le Pape note un manque de créativité, d'optimisme, et d'enthousiasme, tout en évoquant qu’une société et une économie sans jeunes, sont pleines de tristesse, et de pessimisme.

«Une économie qui s'inspire de la dimension prophétique s'exprime aujourd'hui dans une nouvelle vision de l'environnement et de la terre», dit le Saint-Père, invitant ces jeunes, à suivre la voie de  ceux qui ont déjà opté pour «une conversion écologique». François estime qu’il faut remettre en question le modèle de développement. «La situation est telle que nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre le prochain sommet international», dit le Souverain pontife, qui ne cache pas son inquiétude par rapport à ce qu’il a bien pu observer: «La terre brûle aujourd'hui, et c'est aujourd'hui que nous devons changer, à tous les niveaux».

La douceur de la nature

Au cours de cette rencontre sur l’Économie de François, le Pape a également axé son intervention sur le paradigme végétal qui contient une approche différente de la terre et de l'environnement. Les plantes selon lui, savent coopérer avec leur environnement, et même lorsqu'elles sont en concurrence, elles le font pour le bien de l'écosystème. «Apprenons de la douceur des plantes», exhorte-t-il, leur humilité et leur silence peuvent offrir un style différent dont nous avons urgemment besoin. Car, «si nous parlons de transition écologique mais que nous restons dans le paradigme économique du XXème siècle, qui a spolié les ressources naturelles et la terre, les manœuvres que nous adoptons seront toujours insuffisantes», poursuit le Saint-Père. L'heure est venue d'un nouveau courage, affirme-t-il, pour abandonner les sources d'énergie fossiles, pour accélérer le développement de sources à impact nul ou positif.

Le Pape François exhorte aussi à accepter le principe éthique universel, selon lequel, les dommages doivent être réparés. «Si nous avons grandi en abusant de la planète et de l'atmosphère, aujourd'hui nous devons aussi apprendre à faire des sacrifices dans des modes de vie qui ne sont toujours pas durables. Sinon, ce seront nos enfants et petits-enfants qui paieront la facture, une facture qui sera trop élevée et trop injuste», souligne le Pape, pour qui un changement rapide et décisif est nécessaire. François a mis l’occasion à profit, pour inviter cette jeunesse à «montrer l'exemple».

L’aspect social

Pour le Pape, il importe de s’accentuer également sur l’aspect social. Il établi un parallèle entre le cri des pauvres et celui de la terre qui est le «même». Par conséquent, affirme-t-il, «lorsque nous œuvrons à la transformation écologique, nous devons garder à l'esprit les effets que certains choix environnementaux ont sur la pauvreté». Il invite à privilégier celles qui réduisent la misère et les inégalités.

Sauver la planète pour le Souverain pontife est certes une bonne action, mais il est aussi important de pas négliger l'homme et la femme qui souffrent. La pollution qui tue, pour lui, n'est pas seulement le dioxyde de carbone. L'inégalité pollue «aussi mortellement notre planète». François conseille de pas permettre que les nouvelles calamités environnementales effacent de la vue du public, les calamités anciennes, toujours présentes.

Le capital spirituel

«Le premier capital de toute société est le capital spirituel», affirme le Pape, car c'est lui qui «donne les raisons de se lever chaque jour et d'aller travailler, et qui génère la joie de vivre qui est également nécessaire à l'économie». Le monde actuel selon François, consomme rapidement cette forme essentielle de capital accumulé au fil des siècles par les religions, les traditions de sagesse et la piété populaire. Les jeunes souffrent donc particulièrement de ce manque de sens, dit-il, souvent confrontés à la douleur et aux incertitudes de la vie, ils se retrouvent avec une âme appauvrie en ressources spirituelles pour traiter la souffrance, la frustration, la déception et le deuil. «La fragilité de nombreux jeunes provient du manque de ce précieux capital spirituel: un capital invisible mais plus réel que le capital financier ou technologique», déclare le Pape.

«Il est urgent de reconstituer ce capital spirituel essentiel». Selon François, la technologie peut faire beaucoup: elle apprend le «quoi» et le «comment» à faire, mais elle ne dit pas le «pourquoi»; et ainsi nos actions deviennent stériles et ne remplissent pas la vie, pas même la vie économique, estime le Saint-Père.

20/11/2020

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La pauvreté au centre

Étant à Assise dans la ville de Saint François, le Pape ne peux s'empêcher de penser à la pauvreté. Faire de l'économie en s'inspirant de lui, c'est «s'engager à mettre les pauvres au centre». Il n’y a pas «d'Économie de François», affirme le Souverain pontife, «sans estime, sans soin, sans amour pour les pauvres, pour chaque personne fragile et vulnérable. Du conçu dans le ventre de sa mère à la personne malade et handicapée, à la personne âgée en difficulté».

«L'économie franciscaine ne peut se limiter à travailler pour ou avec les pauvres. Tant que notre système produira des déchets et que nous fonctionnerons selon ce système, nous serons complices d'une économie qui tue», poursuit-il. Saint François n'aimait pas seulement les pauvres, il aimait aussi la pauvreté. Le rappelle également que «François est allé vers les lépreux non pas tant pour les aider, mais parce qu'il voulait être pauvre comme eux. À la suite de Jésus-Christ, il s'est dépouillé de tout pour être pauvre avec les pauvres».

Le Saint-Père a exhorté à regarder le monde à travers les yeux des plus pauvres; tout comme le mouvement franciscain qui a pu inventer les premières théories économiques et même les premières banques de solidarité (les "Monti di Pietà") au Moyen-Âge, parce qu'il regardait le monde à travers les yeux des plus pauvres.

Le Pape François a enfin appelé les jeunes à ne pas oublier le travail. Il les a invités à ne pas oublier de «créer du travail, du bon travail, du travail pour tous», tout en créant des biens et des services. Selon lui, le changement économique se fera si en plus du «cœur et de la tête», ces jeunes utilisent également leurs «mains». Les idées sont nécessaires, dit-il, elles «nous attirent beaucoup, surtout quand nous sommes jeunes, mais elles peuvent se transformer en pièges si elles ne deviennent pas de la "chaire", du concret», a conclu le Saint-Père.

Vatican News

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